
Arcade Fire Bruxelles, Forest National 2 Novembre 2007
Une secte. Quelque chose de mystique. Les lumières s’éteignent, et la salle belge est plongée dans l’obscurité. Tout a coup, un écran s’allume, une femme, noire, crie. D’autres écrans s’allument ensuite. D’autres hommes et femmes, qui crient aux noms de Dieu.
Le groupe arrive enfin sur scène, sous un tonnerre d’applaudissement. Le début de ce moment magique peut commencer.
Ouvrant d’abord par « Keep The Car Running » puis enchaînant avec un “No Cars Go” repris en coeur par un public conquis d’avance, les Canadiens prouvent une fois de plus leur talent de groupe de scène. Win Butler cède sa place devant le micro à sa femme qui chante un magnifique « Haïti », dont les spectateurs subjugués chanteront les chœurs pendant quelques minutes à la fin du morceau. Suivent « Laïka » et « Black Mirror » qui manque quelque peu d’énergie, probablement trop sombre pour retransmettre l’émotion nécessaire à sa beauté.
Le très noir « Black Wave / Bad Vibrations » précède ensuite un « In The Backseat » magique. La voix enfantine de Régine Chassagne trouble les auditeurs, et l’émotion transmise est tellement intense que le public se tait, fasciné. Des larmes coulent sur les joues de certains, et les autres ne peuvent s’empêcher de ressentir un poids dans le ventre. L’interprète est tout aussi troublée par le morceau et quelques sanglots cassent sa voix. A la fin du titre, c’est un triomphe monumentale que les Bruxellois réservent au groupe. Win Butler apparaît alors à l’orgue, et joue une reprise des Violent Femmes « Kiss Off ». Régine se place ensuite à la batterie pour « Ocean Of Noise », « Tunnels » et « The Well And The Lighthouse ». Après « Antichrist Television Blues », Arcade Fire joue « Power Out » très intense, puis termine par un « Rebellion » partant en crescendo, le rythme soutenu du titre faisant rentrer le public dans une sorte de transe.
Revenant après quelques minutes pour un encore mémorable, le groupe joue le très bel « intervention » et closent par un « Wake Up » à couper le souffle.
Eléonore